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Transgenres : invisibles en France
Il arrive que des garçons se comportent comme des filles et que des filles veuillent vivre comme des garçons. En France c’est un sujet qui n’est pas débattu, encore tabou.

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Plus connus sous le nom de transsexuels, ces individus ne bénéficient d’aucune législation, qui pourrait favoriser leur intégration sociale. En 2013, Chantal Jouanno (UDI) avait proposé un amendement qui portait sur le changement des prénoms sur les papiers d’identité. Il est toujours difficile de se présenter à un guichet avec les papiers d’un homme lorsque l’on a l’identité d’une femme. En vain, l’amendement a été refusé par le gouvernement.

La France a un sérieux retard vis-à-vis des autres pays. « On en est très très loin! » affirme Delphine Ravisé-Giard, secrétaire générale de l’Association nationale transgenre. Tout changement d’identité implique une chirurgie plastique. C’est en tout cas ce qu’exige la justice française. En somme, une femme qui se sent homme et qui souhaite avoir une identité masculine doit subir une opération des parties génitales. Des difficultés qui conduisent souvent à la dépression voire à la prise de drogue ou même le suicide.

Ces enfants hors normes

Jack est un petit garçon américain qui aime porter des robes et qui adore danser en tutu. Le garçon de 10 ans n’est pas homosexuel mais transgenre. Après la polémique sur la théorie du genre et l’indignation des catholiques face au film Tomboy , portrait d’une petite fille garçon manqué, il est difficile de croire à un réel changement.

Ces enfants sont souvent rejetés par leur famille, confrontés à des parents qui ne savent pas comment s’y prendre. Puisqu’en France, hormis les associations et les forums , aucune structure ne propose un accompagnement, une aide pour ces familles. Dans notre pays, celui qui est transgenre est catalogué malade. La médecine française considère que l’on « souffre » de transsexualisme. À Chicago, le docteur Robert Garofalo a créé une clinique, Lurie Children’s Hospital , avec un service spécialisé dans le genre et la sexualité. Cette clinique, qui est la quatrième de ce type aux Etats-Unis, prend en charge ces enfants dès l’âge de 3 ans. Elle les accompagne mais ne cherche pas à les « guérir », considérant qu’il ne s’agit pas d’une maladie. Aujourd’hui, l’hôpital Lurie accueille 75 enfants. Aux Pays-Bas, en Belgique, en Argentine ou encore au Canada, la question des enfants transgenres se pose dans les écoles, les lycées et les universités.

Le docteur Robert Garofalo a créé sa clinique en mars 2013. Crédit Mariah Karson/Nouvel Observateur.

L’existence d’un troisième sexe

N’être ni homme, ni femme, un premier pas vers les transgenres. La Haute cour Australienne a reconnu, le 2 avril dernier, l’existence d’un troisième sexe : neutre. Cette décision fait suite à une procédure menée par Norrie, un homme qui a choisi de devenir femme. Après l’échec d’un traitement hormonal, les médecins sont incapables de déterminer l’identité sexuelle de Norrie. À 52 ans, il est devenu le premier genre « neutre » du monde. Désormais toutes les personnes australiennes qui ont eu recours à une opération pour changer de sexe, pourront cocher la case « X » sur leurs papiers.

Une petite révolution pour les transgenres, qui s’est aussi répandue au Népal. Il fait partie des pays pionniers du genre neutre. Il y a un an, la cour suprême du Népal a autorisé l’ajout d’une troisième catégorie sur les passeports et les certificats de citoyenneté. Cette initiative intervient cinq ans après une décision de la cour suprême ordonnant au gouvernement de promulguer des lois garantissant les droits des citoyens transgenres, homosexuels et bisexuels. Alors que certains cochent la case X, les associations françaises se battent pour un changement d’identité plus libre et sans obligation médicale.

Tag(s) : #trans, #transidentité, #transsexuel, #transsexuelle, #transgenre

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